Conseils aux lycéens et étudiants envisageant de se lancer dans les études de sage-femme

Question de bac ?

Il faut tout d'abord commencer par indiquer que le bac quasi-indispensable est le bac S pour pouvoir se lancer en PCEM1. Toutefois rien n'est impossible aux personnes réellement motivées et un certain travail supplémentaire peut conduire à la réussite. Il existe des remises à niveau scientifique (programme en maths, physique, chimie, bio de 1ère et terminale S en un an).

En ce qui concerne les spécialités choisies en S, elles n'ont pas d'importance. L'important est d'obtenir son bac. Mieux vaut donc choisir une spécialité qui plaise plutôt que de se lancer dans une qui rebute ou dans laquelle on éprouve des difficultés.

La mention obtenue n'est pas non plus déterminante. Il est vrai qu'une " mention très bien " réussira mieux en médecine qu'une " mention passable " mais les " mentions très bien " réussissent mieux quelle que soit la filière qu'ils choisissent, de par leur niveau et leur habitudes de travail.

Une des seules questions à se poser, c'est sa motivation : êtes-vous prêts à travailler du premier jour de la rentrée au dernier jour des examens sans discontinuité pendant un an, peut-être deux ?

Il n'y a pas de faculté à privilégier selon sa spécialité ou selon sa mention puisque les affectations sont harmonisées pour que la répartition entre les mentions et entre les spécialités soit identique dans toutes.

Entrer en PCEM1 :

Avant de se lancer dans cette aventure, qui peut conduire à jusqu'à 11 ans d'études ( !), il faut se poser les bonnes questions.

Pourquoi ai-je choisi médecine (ou sage-femme ou odontologie) ?

Si c'est pour le salaire ou la reconnaissance, il faut occulter des images souvent fausses ! En effet il n'est plus vrai, même en s'installant en libéral, que l'on gagne des fortunes. Il ne faut pas confondre recettes et bénéfices. Les recettes d'un cabinet sont certes élevées mais une fois retirées les charges professionnelles (location du cabinet, matériels, assurances professionnelles de plus en plus élevées, charges fiscales, ...), le bénéfice est, certes confortable, mais reste limité d'autant que l'on repaie des impôts dessus !

Il faut aussi penser aux conditions d'exercice de ces professions et leurs répercussions sur la vie personnelle : travail auprès de personnes (malades le plus souvent...), travail de jour comme de nuit, week-end et jours fériés compris, heures de travail quotidiennes élevées, ...

Il faut aussi s'interroger sur le rapport au corps que l'on entretient. En effet, ces métiers impliquent une proximité avec le corps d'autrui que tout le monde ne supporte pas. Mieux vaut renoncer de suite si l'on ne se sent pas capable d'assumer ces conditions !Si tout cela vous tente en revanche, bienvenue en PCEM1 !

Pour les terminales, arrive avril avec sa préinscription RAVEL, pour laquelle il suffit de préciser que vous désirez faire médecine et de citer une faculté proposant des études de médecine (n'importe laquelle, ça n'a pas de conséquences sur le choix ultérieur de fac). Une fois le bac en poche en juillet, il faut se rendre au SADEP (service d'affectation des étudiants en PCEM1) près de la Sorbonne. Là on vous remettra un dossier vous demandant de choisir parmi 3 facultés (parmi les 7 existant en Ile de France encore en cours de regroupement).

Nouvelle question à se poser : quelle faculté choisir ?

Toutes les facultés parisiennes ont le même niveau et il est faux de penser que certaine sont plus ou moins faciles par rapport à d'autre (on entend souvent dire que Bobigny par exemple serait la plus facile... ce n'est pas vrai si on pense au DEUG obligatoire à passer en parallèle).

Le choix doit se porter sur deux critères.

Le premier est le rapprochement géographique par rapport à son domicile. On ne peut se permettre de passer trop de temps dans les transports... C'est du temps où l'on ne révise pas ou peu et qui fatigue.

Le second concerne les matières enseignées dans les facultés. En effet, même si le niveau se tient, chaque faculté organise son concours en privilégiant telle ou telle matière. Pour schématiser, Paris 5 et Paris 6 privilégient les sciences fondamentales (physique, chimie, biologie) auxquelles elles appliquent de gros coefficients. Les autres facultés proposeront aussi ces matières mais dans une proportion moindre et donc avec plus de matières (Mondor a un maximum de matières avec de petits coefficients) qui se basent beaucoup sur le par coeur. Il faut donc s'interroger sur ces capacités personnelles et ses goûts. Si vous appréciez les sciences fondamentales et que vous vous débrouillez dans ces matières, n'hésitez pas à choisir Paris 5 ou 6. Sinon, misez sur le par coeur et sur une faculté qui propose plus de matières pour pouvoir remonter une note moyenne en sciences.

Il faut bien préciser que les niveaux en sciences sont les mêmes partout ; avoir intégré le programme de S suffit (donc normalement c'est bon pour tous les gens qui ont leur bac S...), choisir les facs plus scientifiques implique surtout de passer des heures à faire des exercices de physique-chimie (à éviter quand on est allergique à ce type de travail, donc).

La vie en PCEM1 :

On pourrait dire que vous n'en avez plus... Mais si, je vous assure... Vous n'avez tout simplement pas le temps d'en profiter. Pour autant il faut savoir relativiser les choses et s'octroyer des moments de détente, conserver un bon sommeil et une vie sociale.

En septembre, vous connaissez votre faculté d'affectation (en général votre premier choix est respecté mais vous pouvez très bien vous retrouver dans le second ou le troisième). La rentrée est là et c'est parti pour un voire deux ans de travail intensif. Il ne faut prendre aucun retard. Il y a en moyenne 25 ou 30 heures de cours par semaine selon les facultés mais pour chaque journée de cours, vous aurez 3 à 4h minimum de travail personnel du premier jour au dernier jour des examens en mai ou juin. C'est là la seule vrai sélection du PCEM1 : le travail ! Vous travaillez beaucoup voire plus qu'il n'en faut, vous avez votre concours. Vous ne travaillez pas régulièrement vous ne l'avez pas ! A Paris 5 par exemple où il y a 2000 - 2500 inscrits en PCEM1, ce ne sont pas 2000 concurrents directs que vous avez face à vous !

Et les prépas parallèles ?
Il ne faut pas se fier à tout ce que vous entendrez ! Elles ne sont pas indispensables, loin de là surtout compte-tenu de leur coût (très prohibitif pour certaines, de l'ordre de 1000 euros pour un premier semestre). Elles vous avanceront un taux de réussite formidable, mais il faut savoir que de toute façon tout ceux qui ne seront pas classés sont éliminés avant la fin de l'année ! Si vous savez travailler tout seul et que vous n'avez pas de difficulté à vous installer derrière un bureau pour faire, refaire encore et encore des kilos d'exercices, vous n'en avez pas besoin. Mieux vaut investir dans des livres. Ces prépas ont leur utilité pour les personnes qui n'ont pas d'auto discipline. Elles vous feront venir chaque soir et le week-end pour faire des exercices et des concours blancs (en plus des exercices proposés par votre faculté). A vous là encore de vous questionner sur vos capacités.

Choix des filières :

Les examens sont terminés, juillet est là, les résultats approchent... Vous êtes classé FELICITATIONS ! Il va maintenant falloir choisir sa filière : médecine, sage-femme, odontologie ou kinésithérapie (qui est paramédicale). N'ayez aucune crainte si vous êtes premier, vous n'êtes pas obligé de choisir médecine mais tout simplement l'une de ces filières. Les places pour chacune diminuent au fur et à mesure qu'elles sont choisies.

Il faut aussi s'interroger sur ce que l'on attend de ces formations. Tout dépend de son choix évidemment mais aussi là encore de ses capacités et de ses possibilités.

Médecine :

Vous choisissez médecine, savez-vous ce qui vous attend ensuite ? Avoir son concours ne signifie pas être médecin ! Le rythme est certes moindre en P2 et en D1, mais cela ne signifie pas ne rien faire ! Dès que vous débuterez l'externat en D2, vous aurez un rythme quotidien à prendre : hôpital le matin, cours l'après-midi, travail personnel le soir. A cela s'ajoute quelques gardes de nuit pour booster votre budget et votre formation. Ce n'est pas de tout repos !

Au cours de la sixième année (D4), vous préparez en plus le concours national classant dit de l' " internat ". Et oui ! Avoir son concours ne signifie pas non plus avoir la spécialité que l'on souhaite. Vous pouvez passer de votre rêve d'urgentiste à Paris à médecin généraliste au fin fond du massif Central ! Ce concours demande beaucoup de travail et une rigueur semblable à celle de P1.

Ensuite vous enchaînez sur l'internat : on vous appelle docteur, on oublie que vous êtes encore étudiant, vous êtes de garde tout le temps avec vos cours et votre thèse à préparer. Cela signifie donc 2 ans supplémentaires pour la médecine générale à 5 ans pour d'autres spécialités (chirurgie, gynécologie obstétrique, pédiatrie, ...). Si vous désirez en plus faire de la recherche, votre formation s'est doublée avec le passage de masters en parallèle.

Vous avez 30 ans, vous finissez enfin vos études. FELICITATIONS. Le métier de médecin est passionnant et très valorisant mais les études sont un sacerdoce : le jeu en vaut la chandelle !

Odontologie :

Le parcours est sensiblement le même. Six ans pour ouvrir son cabinet, quatre à cinq ans en plus pour se spécialiser en orthodontie ou en pédo-chirurgie dentaire par exemple. Un rythme de travail tout aussi soutenu est indispensable.

Sage-femme :

Rappelons que la formation est ouverte aux femmes comme aux hommes (j'y tiens personnellement !). Une formation en 5 ans (4 ans après le concours) avec une alternance de stages et de cours (stages dès le mois d'octobre pour se mettre dans le bain tout de suite) par période de 3 semaines. Un apprentissage relativement aisé puisque nous utilisons chaque jour ce que nous voyons en cours. La formation est pratique et on l'on se voit donc progresser rapidement. Petit rappel sur notre formation en 2 phases : 2 ans pour la physiologie, 2 ans pour la pathologie ; premiers accouchements en fin de première année avec l'aptitude à suivre une grossesse, un accouchement et des suites de couches normaux à la fin de la deuxième année (pour montrer la rapidité de notre progression).

NB: la sage-femme. Elle ne fait pas que les accouchements, qui ne représentent d'ailleurs qu'une demi-heure dans la vie d'une grossesse. La sage-femme est là avant la conception (en PMA), pendant la grossesse qu'elle soit désirée (consultations prénatales, PPO, DAN, grossesses pathologiques) ou non (centre d'orthogénie), en salle de travail évidemment, en suites de couches. Elle peut travailler à l'hôpital ou en clinique, en PMI ou en libéral.

Valorisons aussi notre diplôme (peut-être bientôt enfin master) qui conclut notre formation médicale, ce qui lui donne une importance non négligeable à l'étranger et pour les ONG (pour ceux et celles désirant faire de l'humanitaire).

Merci à Nicolas DUTRIAUX, Caroline REINICHE et Sarah BENJILANY pour ces conseils

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